Les réseaux sociaux : Une nouvelle forme de thérapie ?

Sur les réseaux sociaux, nous pouvons parler de tout et même de nos états d'âme Est-ce qu'à l'avenir cela deviendra nos thérapies ?

Introduction

Les réseaux sociaux font partie des inventions du 21e siècle et font aussi partie de notre quotidien. De nombreux sujets sont abordés tous les jours sur les réseaux sociaux. Depuis quelques années, de nombreuses personnes partagent leurs expériences à propos de la santé mentale. Certains thérapeutes ont même décidé de créer des comptes afin de pouvoir parler de santé mentale, expliquer certains troubles ou maladies et faire de la prévention. Est-ce que cette façon de faire est une nouvelle forme de thérapie ? Est-ce bénéfique ?

Les réseaux sociaux : Une nouvelle forme de thérapie ?
Les réseaux sociaux : Une nouvelle forme de thérapie ?

Les réseaux sociaux : garder un lien virtuel

Les réseaux sociaux permettent la parole sur des sujets qui sont compliqués et qui sont parfois considérés comme tabou. Le fait de pouvoir partager son expérience et d’avoir des retours similaires peut aider une personne à ne pas se sentir seule. Dans une certaine mesure, les réseaux sociaux rapprochent, car ils permettent de communiquer avec des personnes qui ne sont pas forcément dans la même ville ni dans le même pays. Tout est instantané.

Dernièrement, c’est l’application TikTok qui est la plus téléchargée et utilisée par les adolescents. Et sur cette application, la conversation sur la santé mentale est aussi bien présente. Les applications utilisent des algorithmes différents et parfois, cela peut permettre à certaines personnes de voir passer des éléments, notamment des vidéos sur le sujet qui peuvent ou non les concerner. Cela permet donc aux personnes qui ne veulent pas forcément aller consulter un thérapeute d’avoir tout de même un soutien, une impression de ne pas être seul (1). On peut suivre différents hashtags comme #mentalhealth ou #therapistsoftiktok pour du contenu anglophone ou #santementale #psychologie pour du contenu francophone.

La particularité des réseaux sociaux, c’est que l’on peut être tout le monde et personne à la fois, nous choisissons le nom de notre compte et nous avons l’impression d’être protégé. Personne ne peut deviner qui nous sommes derrière l’écran et cela peut être rassurant. De plus, c’est moins intimidant qu’un face-à-face par exemple.

Les réseaux sociaux face à la maladie

Des chercheurs se sont penchés sur les bienfaits des réseaux sociaux lorsque certaines personnes font face par exemple à la maladie et qu’elles ont moins de contact social. Certaines personnes qui souffrent de trouble ou de maladies, comme la dépression ou l’anxiété, peuvent se sentir isolées. Des chercheurs ont donc fait des recherches pour savoir si les réseaux sociaux pouvaient avoir une influence bénéfique sur la dépression.

Une étude (2), qui avait pour but de savoir si les réseaux sociaux avaient un effet positif sur la dépression de certains patients atteints de cancer, a démontré que les utilisateurs de réseaux sociaux étaient moins dépressifs. C’est le cas pour les patients qui ont du mal à sortir dehors, les réseaux sociaux vont les aider à garder une vie sociale.

Une autre étude montre que la plupart des personnes recherchent des informations sur la santé sur internet (3). Cette étude parle du fait d’incorporer les réseaux sociaux dans la façon de faire des soins, ce qui permettrait d’avoir une communication plus interactive entre les professionnels de santé et leurs patients. Bien sûr, tout le monde n’est pas forcément prêt à l’entrée des réseaux sociaux dans la santé.

Les réseaux sociaux et les fake news

Le fait que tout le monde puisse s’exprimer sur tout, fait que nous allons entendre des discours qui peuvent ne pas être adaptés pour nous. Cela dépend de notre utilisation des réseaux sociaux, mais de plus en plus d’adolescents vont suivre certains hashtags sur la santé mentale et déduire de plusieurs TikTok par exemple qu’ils sont eux aussi atteints d’un trouble. Ils vont donc faire leur propre diagnostic et c’est là une des bases du problème. Les personnes qui s’expriment sur la santé mentale ne sont pas toutes des professionnels de la santé. Les personnes qui vont donc s’auto-diagnostiquer ne vont pas forcément aller voir un professionnel et vont écouter la communauté à laquelle elles se sentent liées. Les professionnels de santé, comme les psychologues ou les psychiatres sont les seuls à pouvoir poser un diagnostic et ainsi aider à soigner.

Ce phénomène est de plus en plus répandu. Certains psychologues révèlent même que dernièrement, certains de leurs patients, vont utiliser du vocabulaire lié à des maladies ou des syndromes afin de décrire des sentiments (4), par exemple “On dit que je suis bipolaire”.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes qui parlent de santé mentale et de troubles psy s’inquiètent d’une éventuelle “mode” liée à ce sujet.

Conclusion

Les réseaux sociaux sont présents partout et touchent tout le monde. Malheureusement, ils ont été conçus pour qu’on y passe du temps. Les réseaux sociaux ont des bienfaits, notamment le partage d’information important à connaître, comme la prévention. Le fait que tout le monde puisse parler de ses états d’âme est une bonne chose, le problème va être pour les personnes qui vont écouter le message. Tout le monde n’a pas les mêmes opinions, ni la même vie et le message générera forcément d’autres opinions parfois même à l’opposé du message. À partir de ce moment, tout le monde peut réagir comme il le souhaite même en insultant et c’est souvent quelque chose qui revient et qui peut devenir très nocif pour la personne qui reçoit ces insultes.

Sources

  1. Eu.usatoday.com : Mental health TikTok is powerful. But is it therapy? Par Alia E. Dastagir
  2. Positive Impact of Social Media Use on Depression in Cancer Patients. Par Hamid Reza Farpour, Leila Habibi, Seyed Hossein Owji
  3. Physical Therapy 2.0: Leveraging Social Media to Engage Patients in Rehabilitation and Health Promotion. Par Emily Knight, Robert J. Werstine, Diane M. Rasmussen-Pennington,
    Deborah Fitzsimmons, Robert J. Petrella
  4. Madinamerica.com : The Medicalization of Women’s Suffering: An Interview with Dana Becker. By Ayurdhi Dhar, PhD (professeur titulaire de psychologie)