Troubles érectiles : on lève le tabou

Pendant l'acte sexuel, l'homme peut connaître quelques difficultés : éjaculation précoce, trouble érectile... Des solutions existent !

Introduction

Éjaculation précoce, dysfonction érectile…, les troubles de la sexualité masculine sont bien plus fréquents qu’on ne le croit. D’après certains sondages, 6 hommes sur 10 en ont été victimes à un moment donné de leur vie.

Ces problèmes sont loin d’être anodins du fait de leurs retentissements sur la vie sexuelle. De ce fait, beaucoup d’hommes préfèrent ne pas en parler. Or une prise en charge adéquate peut résoudre le problème dans la plupart des cas.

Êtes-vous concerné ? Suivez-nous alors dans ce zoom sur ce sujet longtemps resté tabou !

Ejaculations précoces et troubles érectiles : des solutions existent

L'éjaculation précoce

On parle d’éjaculation précoce ou prématurée lorsqu’un homme éjacule bien plus tôt qu’il (ou sa partenaire) l’aurait voulu pendant au moins la moitié de leurs rapports sexuels. Le temps moyen d’éjaculation pour une personne qui présente ce trouble est d’une à deux minutes après le passage à l’acte. D’autres symptômes liés à l’éjaculation prématurée sont l’incapacité à contrôler (ou à retarder) l’émission de sperme ou la frustration et la peur de l’intimité sexuelle.

Les différents types d’éjaculations précoces

On distingue deux types d’éjaculations prématurées : l’éjaculation précoce primaire et l’éjaculation précoce secondaire. La première est déjà présente chez l’homme au début de la puberté. Quant à la seconde, elle survient chez des adultes après une période d’activité sexuelle satisfaisante.

Les causes de l’éjaculation précoce

Les causes de l’éjaculation précoce sont assez complexes à expliquer. Dans la plupart des cas, elles dépendent d’un ensemble de facteurs psychologiques et biologiques.

Des facteurs psychologiques

De nombreux cas d’éjaculation précoce sont causés par des facteurs purement psychologiques. C’est notamment le cas des facteurs émotionnels comme l’anxiété ou la peur. Certains hommes par exemple sont complexés par l’idée de ne pas pouvoir délivrer une performance sexuelle satisfaisante. De ce fait, ils deviennent anxieux et la peur de l’échec finit par les faire éjaculer prématurément. Cette anxiété peut également provenir d’une dysfonction érectile. Dans ce cas, ces hommes ayant un trouble d’érection souhaitent mettre fin le plus rapidement possible aux rapports sexuels, ce qui peut se traduire par une éjaculation précoce.

D’autres problèmes psychologiques peuvent également être à la base de ce trouble sexuel. Il s’agit entre autres :

  • du manque de confiance en soi,
  • de la culpabilité,
  • de la dépression,

Une hypersensibilité du gland

L’hypersensibilité du gland peut également être à l’origine de l’éjaculation précoce. Elle est souvent congénitale. La très grande sensibilité du gland des personnes atteintes les met souvent dans un état de surexcitation qui déclenche précocement le mécanisme d’éjaculation.

Des troubles hormonaux

L’éjaculation prématurée peut également être d’origine hormonale. Tout d’abord, des taux anormaux de testostérone sont souvent pointés du doigt. C’est également le cas pour la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe activement au contrôle de l’éjaculation. Une faible concentration de celle-ci peut également être à l’origine de l’éjaculation précoce.

Par ailleurs, les hormones thyroïdiennes très connues pour leur rôle dans la régulation du métabolisme peuvent aussi être impliquées dans ce phénomène. Ainsi, les personnes qui souffrent d’hypothyroïdie peuvent être sujettes à des éjaculations précoces.

Quels traitements pour l’éjaculation précoce ?

Selon les causes, de nombreux traitements sont disponibles pour l’éjaculation prématurée. Pour en savoir plus, il est nécessaire que vous consultiez votre médecin sexologue. Il sera en mesure d’identifier la cause de votre mal et de vous fournir l’accompagnement adéquat.

Traitements psychologiques

D’une façon générale, soigner les troubles émotionnels en cause peut être suffisant pour résoudre le problème. Psychothérapie et thérapie comportementale sont alors conseillées. Sur le long terme, elles sont efficaces et peuvent vous permettre de retrouver une vie sexuelle épanouie.

Traitement médicamenteux

Lorsque l’éjaculation précoce est d’origine biologique, des traitements médicamenteux peuvent être proposés par votre sexologue. C’est notamment le cas des antidépresseurs qui peuvent dans certains cas retarder le moment de l’éjaculation. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont également connus pour augmenter le temps d’éjaculation.

Dans le cas d’une hypersensibilité du gland, votre sexologue peut vous recommander selon le cas l’utilisation de sprays, de crèmes anesthésiantes ou de gels. Ces produits permettent de désensibiliser le gland.

Les troubles de l'érection

Les troubles de l’érection se caractérisent par une incapacité à obtenir ou à maintenir une érection convenable pour le déroulement normal des rapports sexuels. Ils touchent toutes les tranches d’âge, mais leur incidence est plus élevée au-delà de la cinquantaine.

Toutefois, on ne parlera de troubles érectiles que s’ils durent depuis plus de trois mois. En effet, des problèmes d’érection peuvent survenir occasionnellement sans qu’il y ait lieu de déclencher la sonnette d’alarme.

Quelles sont les causes des troubles érectiles ?

Les origines des problèmes d’érection sont nombreuses. Elles peuvent être physiques, psychologiques ou médicamenteuses.

Les causes physiques

Les causes organiques sont liées la plupart du temps à l’âge. Les plus fréquentes concernent les facteurs qui peuvent affecter la qualité des artères (étant donné que l’érection se caractérise par un afflux du sang via les artères vers la verge). Il s’agit entre autres de :

  • l’artériosclérose (épaississement, durcissement et perte d’élasticité des artères),
  • les maladies cardiovasculaires,
  • l’hypertension artérielle,
  • la consommation d’alcool et du tabac,

De plus, certains troubles neurologiques peuvent également provoquer une dysfonction érectile. C’est notamment le cas de la sclérose en plaques, de l’atteinte des nerfs érecteurs ou de la maladie de Parkinson.

Par ailleurs, les troubles érectiles peuvent être d’origine hormonale. Le plus souvent, il s’agit d’un déficit androgénique lié à l’âge (DALA) qui se caractérise par une déficience en testostérone.

Les causes psychologiques

De multiples facteurs psychologiques comme le stress, l’anxiété ou la peur d’une mauvaise performance sexuelle peuvent provoquer des troubles érectiles. Ils concernent majoritairement les hommes n’ayant pas encore franchi le cap de la quarantaine. Dans ces cas, les érections nocturnes et matinales sont souvent maintenues, ce qui écarte la possibilité d’une cause physique sous-jacente.

La prise de certains médicaments

Dans certains cas, les troubles érectiles sont des effets secondaires de certains médicaments. C’est le cas des antidépresseurs, des antihypertenseurs et des antiparkinsoniens.

Des solutions ?

Les troubles érectiles peuvent être soignés. Cependant, n’agissez jamais seul. Vous risqueriez alors de mettre en péril votre santé. Consultez plutôt votre médecin sexologue. Il pourra vous fournir l’accompagnement dont vous avez besoin. Après un diagnostic, il peut selon le cas vous proposer différents traitements.

Les traitements oraux

Les traitements oraux sont les plus utilisés en général. Ils comprennent principalement le Sildénafil plus connu sous le nom de Viagra, le Vardenafil (Lévitra) ou encore Tadalafil (Cialis). Ces différents médicaments ont à peu près les mêmes modes de fonctionnement : ils augmentent l’afflux sanguin responsable de l’érection. Toutefois, ils sont contre-indiqués pour les patients qui ont des antécédents cardiaques.

Les traitements hormonaux

Lorsque votre bilan hormonal indique une baisse de la testostérone, un traitement hormonal est souvent préconisé. Il consiste alors à vous administrer de la testostérone. Cette dernière est connue pour stimuler le désir sexuel et augmenter la force musculaire. Toutefois, ses effets sont provisoires, ce qui nécessite une surveillance régulière de son taux dans le sang.

Une prothèse pénienne, en dernier recours

Il arrive pour certaines raisons qu’aucun traitement médicamenteux ou hormonal ne fonctionne. Dans ce cas uniquement, la pose d’une prothèse pénienne peut être envisagée. Cette solution garantit un taux de satisfaction élevé. Il existe deux types d’implants péniens : les semis rigides et les gonflables (deux pièces ou trois pièces). Ces derniers sont les plus efficaces.

En somme, les troubles érectiles sont très fréquents et ne doivent plus être un sujet tabou. Comme vous avez pu le constater, de nombreuses solutions sont disponibles. Pour en profiter, il faudra faire le premier pas et consulter votre médecin sexologue.